Lady Mond

UN FABULEUX DESTIN

Fabuleux destin que celui de Marie-Louise Le Manac'h, fille de meunier, devenue Lady Mond, richissime épouse du «roi du nickel». Grande dame généreuse, elle fit de nombreux dons à sa commune d'origine, Belle-Isle- en-Terre.

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Un véritable conte de fée, l'histoire d'une petite fille pauvre qui vit dans la campagne bretonne, «monte à Paris», puis à Londres, et finit par se marier à un richissime industriel, Richard Mond, après avoir été la maîtresse d'Antoine d'Orléans, petit-fils de Louis-Philippe 1er et du roi d'Espagne, Ferdinand VII... Yannick Kervern, Bellilois, s'intéresse depuis plus de quinze ans à cette grande dame qui a marqué l'histoire de Belle-Isle-en-Terre. Après Pierre Delestre, qui a écrit trois ouvrages consacrés à Lady Mond, il recueille sans relâche photos et témoignages, allant jusqu'à voyager en Angleterre pour arriver à ses fins.
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Histoire locale et lutte bretonne

Ce n'est peut-être pas un hasard : son grand-père a été jardinier au château et il est membre de l'association Armel (Archives et mémoires de la lutte bretonne). Or, Lady Mond, grâce à ses financements, a également perpétué les championnats de lutte bretonne à Belle-Isle. Son frère, Job Le Manac'h, grand lutteur, a aussi été maire de la ville. Histoire locale et lutte bretonne, pour Yannick Kervern, tout est lié. Marie-Louise Le Manac'h est née le 5 février 1869 à Belle-Isle-en-Terre, au moulin de Prat-Guégan où son père était meunier, sa mère ménagère. Elle est la seule fille d'une fratrie de dix enfants dont quatre meurent en bas âge. À 16 ans, les propriétaires du moulin l'emmènent à Paris où elle assiste aux funérailles de Victor Hugo. Choc ou heureux présage, la jolie jeune fille au caractère bien trempé décide de «monter à Paris». Elle a à peine 18 ans. Elle s'installe à Montmartre, vend des fleurs dans la rue et fréquente les artistes. Très peu de traces subsistent de ses débuts à la capitale. Peut-être étaient-ils moins idylliques que ne le raconte la légende... À Paris toujours, elle rencontre un marchand de fruits et légumes, Simon Gugenheim. Ils partent à Londres où ils se marient en 1894. Veuve à 31 ans, parlant couramment l'anglais, Maï, comme on l'appelle alors à Belle-Isle, belle et intelligente, fait alors ses débuts dans le monde.
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Maï fait ses débuts dans le monde

C'est encore à Londres qu'elle fait la connaissance de Robert Mond, chez le père de celui-ci, industriel cultivé et très riche, issu d'une famille d'origine allemande. Robert reprend l'entreprise paternelle avant de fonder sa propre usine, inventant le nickel carbonyle, d'où son surnom de «roi du nickel». Maï se marie à Robert Mond en 1922, lui fait apprécier la Bretagne et séjourne de plus en plus à Dinard. Pour ses 60 ans, en 1929, Robert offre à son épouse le domaine de Coat an Noz, à Belle-Isle. Maï, elle, commence à faire construire de nombreux édifices publics dans la commune (mairie, poste, pharmacie, gendarmerie, Trésor public, salle des fêtes et cantine) qu'elle finance. Elle aide aussi à la création d'une maternité à l'hôpital de Guingamp.
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Un festival et une exposition

Dès 1935, avant le décès de son mari, en 1938, qui fait d'elle une femme riche, Lady Mond fait construire un nouveau château, très inspiré de celui de Coat an Noz, dans le centre de la commune. Légué à sa mort, en 1949, à la commune, il a successivement abrité le collège, une antenne du centre hospitalier de Bégard et, depuis 1998, le Centre régional d'initiation à la rivière. Le château porte le nom de Lady Mond mais, pour Yannick Kervern, il est important que ce patrimoine revive et reste dans la mémoire des Bellilois.

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Article Le Télégramme de Brest et Photos du Net.


Le château a été racheté en juillet 2011 par Bernard et Danuta Moreau.

La première étape sera de le sauver de l'effondrement avant le printemps 2012.

Ensuite, ils comptent redonner vie au château tout d'abord en s'y installant et en organisant ultérieurement des évènements.


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